Dimitri From Paris présente « Le Chic Remix » (2005) — La bande-son idéale pour le retour à la maison
Par Rafi Mercer
Il y a des albums qui sont indissociables de certaines pièces.
Des albums qui donnent envie de s'installer dans son fauteuil préféré, de se servir un verre de quelque chose de bon et d'allumer une chaîne hi-fi qui en vaut la peine.
Et puis il y a ces albums qui semblent faits pour bouger.
Je m'en suis rendu compte en rentrant chez moi cette semaine.
Les aéroports sont des lieux étranges. Des milliers de personnes se déplacent dans toutes les directions, chacune avec ses propres histoires, ses soucis, ses ambitions et ses projets. Personne n’est vraiment là où il voudrait être. Elles sont en transit. Elles attendent. Elles scrutent les panneaux d’affichage des départs. Elles boivent du café hors de prix. Elles évoluent dans un univers provisoire conçu pour faire circuler les gens le plus efficacement possible.

Et puis, il y a la musique.
Certains disques disparaissent complètement dans cet univers. D’autres tentent de s’y opposer. Mais « Dimitri From Paris Presents Le Chic Remix » parvient, d’une manière ou d’une autre, à s’y intégrer parfaitement.
Sorti en 2005, cet album a permis à Dimitri From Paris d’avoir accès aux bandes originales de Chic. Ce qui rend ce projet si particulier, c’est qu’il sait exactement ce qu’il faut changer — et ce qu’il ne faut pas changer. Plutôt que de réinterpréter les morceaux pour les adapter aux pistes de danse modernes, il leur laisse simplement plus d’espace pour respirer.
Le résultat tient moins d'un album de remixes que d'une visite guidée au cœur même des rouages du groove.
En écoutant cet album au casque pendant un voyage, je me suis surpris à remarquer des détails qui m'avaient échappé auparavant. Les lignes de guitare de Nile Rodgers semblent flotter dans le mixage avec une précision toute en légèreté. Le jeu de basse de Bernard Edwards reste l'une des grandes forces de la musique populaire ; jamais précipité, jamais ostentatoire, il porte simplement le morceau tout entier avec une confiance absolue.
Des titres comme « Good Times », « Le Freak », « I Want Your Love » et « Everybody Dance » nous sont devenus si familiers qu’on en oublie facilement à quel point ils sont extraordinaires. Nous les considérons comme des classiques. Nous les considérons comme un pan de l’histoire.
Les remixes de Dimitri vous permettent de les redécouvrir sous forme d'enregistrements.
Cela peut sembler être une distinction mineure, mais elle a son importance.
Cet espace supplémentaire révèle à quel point ces enregistrements ont été conçus avec soin. Chaque instrument semble savoir exactement quand s'imposer et quand s'effacer. On n'a jamais l'impression d'un encombrement. Rien ne semble forcé. Les arrangements respirent d'une manière que l'on retrouve rarement dans la musique moderne.
Ce qui m'a le plus marqué pendant ce voyage de retour, c'est à quel point ces albums méritent qu'on les écoute attentivement.
Je n'entends pas.
Écouter.
Une distinction à laquelle j'ai beaucoup réfléchi ces derniers temps.
Derrière toutes ces étiquettes « disco » et toute cette histoire culturelle se cache quelque chose de remarquablement simple : des musiciens qui s’écoutent les uns les autres. Rodgers qui écoute Edwards. Edwards qui écoute le batteur. Le batteur qui écoute la salle. Chaque élément est en lien avec tous les autres.
Cette complicité transparaît tout au long de cet album.
C’est peut-être pour cela que cela semblait si parfaitement adapté aux voyages. Les aéroports sont des lieux où l’attention est fragmentée. Les annonces interrompent les conversations. Les écrans se disputent l’attention. Des milliers de petites distractions accaparent l’esprit.
Pourtant, ces sillons restent patients.
Ils ne se précipitent jamais.
Ils n'exigent jamais rien.
Ils continuent tout simplement d'avancer, en t'emmenant avec eux.
Au moment où l'avion a atterri, je me suis rendu compte que je n'avais en fait pas passé plusieurs heures à écouter un album de remixes.
J'avais passé du temps en compagnie de musiciens qui comprenaient quelque chose de de plus en plus rare.
La meilleure musique ne cherche pas à être au centre de l'attention.
C'est finalement ce vers quoi on revient sans cesse.
Et quelque part au-dessus des nuages, avec Bernard Edwards enchaînant les rythmes incroyables les uns après les autres, on avait l'impression que c'était exactement la bande-son idéale pour le trajet du retour.
Questions rapides
S'agit-il d'un album de remixes classique ?
Non. « Dimitri From Paris » conserve en grande partie les enregistrements originaux, en enrichissant les arrangements et en révélant des détails cachés dans les mixages d'origine, plutôt que de réinventer radicalement les morceaux.
Quels sont les morceaux phares ?
« Good Times », « I Want Your Love », « Le Freak » et « Everybody Dance » tirent tous énormément profit de cette version allongée.
À qui s'adresse cet album ?
Toute personne intéressée par le disco, le groove, la production musicale, l'écoute hi-fi ou souhaitant comprendre pourquoi Chic reste l'un des groupes les plus influents de l'histoire de la musique moderne.
Rafi Mercer écrit sur les lieux où la musique occupe une place importante.
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