Deuxième session — En quoi consiste exactement une séance de club d'écoute ?

Deuxième session — En quoi consiste exactement une séance de club d'écoute ?

C'est un investissement dans l'écoute.

Par Rafi Mercer

On imagine sans doute que les sessions du Listening Club se déroulent très vite. On rassemble quelques disques. On appuie sur « play ». On met le fichier en ligne.

La réalité est très, très différente.

La deuxième session est presque prête, et j’ai beaucoup réfléchi à ce qu’implique réellement la réalisation correcte d’un tel projet. Car en réalité, cela prend des semaines. Parfois même plus d’un mois. Non pas parce que je souhaite que cela prenne autant de temps, mais parce qu’il n’y a vraiment aucun raccourci pour écouter attentivement.

La première chose à faire est de trouver l'album d'origine.

Cela semble simple, jusqu’à ce qu’on prenne conscience de ce que l’album doit réellement accomplir. Il doit porter sa propre histoire. Il doit avoir une profondeur émotionnelle. Il doit être porteur d’influences. Il doit avoir fait avancer les choses. Mais il doit aussi être ancré dans le passé. On doit y entendre ce qui l’a précédé : la lignée du jazz, celle de la soul, celle de la musique électronique, les expérimentations en studio, les empreintes humaines. Les grands disques apparaissent rarement de nulle part. Les meilleurs albums sont des dialogues à travers le temps.

C'est donc là que commence la recherche.

Il m'arrive parfois de passer des jours à écouter un album avant même de savoir s'il convient pour une session. Et une fois que l'album d'origine s'est révélé, le vrai travail commence.

À partir de là, il s'agit de construire un parcours d'écoute.

Ce n'est pas une playlist. C'est un parcours musical.

Chaque morceau intercalé entre les titres de l’album doit donner l’impression d’être en dialogue avec l’album d’origine. Sans que ce soit trop évident. Ni trop distant non plus. Le son doit évoluer de manière naturelle, émotionnelle, presque architecturale. On essaie de guider les auditeurs à travers un espace sans qu’ils remarquent les murs.

Le problème, c'est que l'album d'origine est toujours diffusé dans son intégralité.

C'est un aspect qui me tient particulièrement à cœur.

Mais entre chaque morceau de l'album, un autre morceau fait son apparition. Une réponse. Un intervalle. Un regard en coin venu d'une autre époque ou d'une autre ville. Tantôt une influence. Tantôt un contraste. Tantôt une tension. Tantôt une libération. La session prend peu à peu une ampleur qui dépasse celle de l'album lui-même.

Et ce processus prend du temps.

En général, cela me prend entre 20 et 40 jours entre l’écoute, la lecture, les recherches, l’achat de disques, les changements d’avis et les nouveaux départs. Car une fois que j’ai trouvé sept ou neuf albums potentiels parmi lesquels choisir, je dois également écouter chacun de ces disques dans leur intégralité. Pas seulement une fois. À plusieurs reprises. À la recherche du morceau qui s’intègre parfaitement dans la géométrie émotionnelle de la session.

Une seule fausse note peut complètement gâcher l'ambiance.

Et puis, il y a aussi l'aspect physique de tout cela.

Les documents eux-mêmes.

Beaucoup des albums dont j'ai besoin pour ces sessions ne font pas encore partie de ma collection. Certains doivent être dénichés d'occasion. D'autres sont chers. Il arrive parfois qu'on dépense bien plus que ce qui semble raisonnable pour un morceau qu'on n'écoutera peut-être qu'une seule fois au cours d'une session.

Mais c'est aussi en partie ce qui confère à ces séances toute leur importance.

On y trouve un investissement. Du temps y a été consacré. Une recherche y est à l'œuvre. On sent quand quelque chose a été soigneusement élaboré plutôt que produit à la va-vite.

Puis, enfin, après des semaines de préparation, vient le moment de l'enregistrement.

À ce stade, j'ai deux platines prêtes à l'emploi, la table de mixage branchée, l'amplificateur en marche, la caméra de streaming installée, le micro vérifié et le trépied bien équilibré. Ça a l'air bien organisé maintenant, mais la première session, elle, ne l'était vraiment pas.

Ma première tentative d'enregistrement s'est interrompue au bout d'une vingtaine de minutes, car la mémoire de mon iPhone était complètement pleine.

Supprimez les fichiers. Réessayez.

Quarante minutes plus tard, exactement la même chose s'est produite.

Supprimez davantage. Réessayez.

J'ai fini par déterminer l'espace de stockage dont j'avais réellement besoin et j'ai enfin réussi à enregistrer correctement l'intégralité de la session. Ensuite, il a fallu exporter les fichiers, les mettre en ligne, rédiger les descriptions pour YouTube et SoundCloud, préparer les liens privés pour le « Listening Club » et rédiger l'e-mail destiné aux membres.

Et franchement, c'est justement ça que les gens ne voient jamais vraiment.

Ces séances peuvent sembler tranquilles à l'écoute, mais elles recèlent en réalité une immense quantité d'attention invisible. Une écoute attentive. Une mise en scène minutieuse. La résolution de problèmes techniques. Un investissement financier. Et un investissement émotionnel également.

Mais c'est peut-être justement ça.

Nous vivons dans un monde où presque tout est désormais instantané. Du contenu instantané. De la musique instantanée. Des réactions instantanées. Des algorithmes instantanés.

Ces séances sont délibérément conçues différemment.

Lentement. Avec soin. Morceau par morceau. Album par album.

C'est précisément pour cette raison que le « Listening Club » a été créé. Un album par mois, diffusé dans son intégralité, avec un parcours d'écoute conçu autour de celui-ci. Si cela vous semble intéressant, les inscriptions sont ouvertes dès maintenant.

Et voilà enfin, après des semaines passées à écouter, peaufiner et retravailler, la deuxième session est presque prête.

Je pense que cette fois-ci, c'est vraiment grave.


Quelques questions rapides

Qu'est-ce que « The Listening Club » ?

Une session mensuelle articulée autour d’un album, diffusé dans son intégralité sur vinyle. Entre chaque morceau, des disques soigneusement sélectionnés font leur apparition : influences, échos, clins d’œil à d’autres époques. Ce n’est pas une playlist. C’est un parcours d’écoute, élaboré au fil des semaines et partagé avec des membres du monde entier.Vous pouvez vous inscrire ici.

À quelle fréquence les épisodes sont-ils diffusés ?

Une fois par mois. C'est un choix délibéré. Il faut compter entre trois et six semaines pour préparer correctement chaque session : trouver le bon album, se procurer le vinyle, organiser l'enchaînement des interludes, enregistrer et monter le résultat final. Ce rythme fait partie intégrante du concept.

Où puis-je écouter les contenus une fois que je suis membre ?

Les sessions sont organisées en privé pour les membres. Une fois inscrit, vous recevez un lien d'accès par e-mail — pas d'algorithme, pas de fil d'actualité, pas de bruit de fond. Juste l'enregistrement, dès qu'il est prêt.


Rafi Mercer écrit sur les lieux où la musique occupe une place importante. Pour découvrir d'autres articles de la rubrique « Tracks & Tales », abonnez-vous ou cliquez ici pour en savoir plus.

 

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Ce n'est pas une playlist.

Le nombre de membres fondateurs est limité à 200 dans le monde entier. Le club d'écoute « Tracks & Tales » s'adresse à ceux qui comprennent que l'écoute n'est pas un simple bruit de fond, mais qu'il s'agit d'être pleinement présent.

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