L'art d'entendre ce qui a été laissé de côté

L'art d'entendre ce qui a été laissé de côté

J'explore comment le fait de prendre le temps et d'écouter attentivement peut révéler de nouvelles significations dans les grandes voix du passé — en montrant comment la musique véhicule des messages que l'on n'entend que lorsque l'on y prête véritablement attention.

Par Rafi Mercer

J’ai beaucoup réfléchi à la façon dont nous écoutons — pas seulement la musique, mais aussi les personnes qui ont laissé une trace dans leur voix. Il y a une différence entre entendre une chanson et la ressentir véritablement. Et plus je vieillis, plus je comprends que certaines voix n’étaient pas destinées à être simplement consommées. Elles étaient destinées à être comprises.

Quand je repense à ces grands chanteurs — George Michael et sa douce mélancolie, Whitney et l’étendue de sa voix, Marvin et cette tendresse aux teintes crépusculaires, Sade et sa sérénité feutrée —, je me rends compte que je les écoute différemment aujourd’hui. Non pas par nostalgie ou pour me réconforter, mais pour en saisir le sens. Pour déceler les petits indices qu’ils ont dissimulés dans le timbre et le souffle. Pour découvrir ce qu’ils ne pouvaient pas dire ouvertement et qu’ils ont donc scellé dans leur phrasé.

Cela m’amène à penser que nous devrions peut-être tous aborder ces voix sous un autre angle :
non pas comme des objets, ni comme une simple toile de fond, ni comme des morceaux familiers et appréciés —
mais comme des messages envoyés à travers le temps, attendant que quelqu’un daigne s’arrêter pour y prêter attention.

Car quand on écoute vraiment — quand on laisse la parole s'exprimer pleinement au lieu de la survoler —, quelque chose change.

On commence à percevoir le courage qui se cache dans les failles, la sagesse qui réside dans la retenue, la vérité qui se dégage des imperfections.

On y perçoit l'atmosphère émotionnelle qui régnait au moment où la chanson a été composée. On y sent leur vie et la nôtre se rencontrer à mi-chemin.

C’est ce que je souhaite partager : ni une liste, ni un classement, mais une manière d’écouter.
Un état d’esprit.
Une attitude.

Si vous prenez le temps de vous arrêter et d’accueillir ces vieilles voix avec ouverture d’esprit, elles se révèlent sous un autre jour. Non pas comme des souvenirs, mais comme des guides. Non pas comme des vestiges, mais comme des rappels. Elles vous répondent. Elles vous offrent quelque chose. Elles vous montrent les facettes de vous-même que vous avez négligées jusqu’à présent.

C’est pour cela que je n’arrête pas d’y revenir.
Non pas par habitude, mais par curiosité.
Pour voir quel sens ils ont laissé derrière eux — et ce que je suis prêt à entendre aujourd’hui.


Rafi Mercer écrit sur les lieux où la musique occupe une place importante.
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